Chaque handicap mental nécessite une prise en charge particulière. Conformément à la loi, chaque personne porteuse d’un handicap mental est en droit de recevoir une prise en charge personnalisée.
Il revient à la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) d’orienter chaque enfant en tenant compte de ses besoins et de ses difficultés propres. En parallèle, cette instance doit respecter autant que possible les souhaits émis par les familles. Après examen du dossier et décision de la commission compétente, la scolarisation d’un enfant handicapé devra obligatoirement s’effectuer selon l’une de ces modalités d’accueil :
en milieu ordinaire
en établissement médico-éducatif ou de santé
à temps partagé en établissement médico-éducatif et dans une école
soit en classe d’intégration scolaire (CLIS) avec des temps de scolarisation dans une classe ordinaire
Le choix d’un type de scolarisation donne lieu à la signature d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS). Elaboré par l’équipe pluridisciplinaire d’évaluation (EPE) en concertation avec la famille, le PPS et doit être accepté par les enseignants de même que par les parents. Grâce à la loi du 11 février 2005, le passage d’un mode de scolarisation à un autre devrait se montrer nettement plus aisé. Le PPS pourra faire l’objet de discussions régulières et, le cas échéant, être soumis à révision.
Instituée par la circulaire du 18 novembre 1991, la CLasse d’Intégration Scolaire (CLIS) est une classe réservée aux élèves handicapés, implantée en milieu scolaire ordinaire. Il existe une CLIS différente pour chaque type de handicap. La CLIS 1 regroupe les enfants porteurs de handicap mental.
Présentant un effectif réduit (maximum 12 élèves), chaque CLIS est dirigée par un enseignant qui adapte ses méthodes pédagogiques en fonction des besoins et des difficultés propres à chaque enfant.
Chaque élève scolarisé en CLIS doit pouvoir bénéficier de temps d’intégration dans des classes ordinaires autant que ses moyens le lui permettent. Ainsi, les élèves porteurs de handicap mental gardent les avantages inhérents à la fréquentation du milieu scolaire ordinaire tout en bénéficiant d’une aide et d’un soutien scolaires spécifiques et personnalisés.
Il faut savoir qu’après concertation avec l’équipe de suivi de la scolarisation, le retour d’un élève handicapé en classe ordinaire est toujours possible.
En vue de faciliter l’accueil des enfants porteurs de handicap mental en milieu ordinaire et afin d’assouplir la tâche des enseignants, le recours à des personnels d’accompagnement et de soutien peut, dans certaines situations, être sollicité. Ces aides doivent être inscrites dans le PPS.
Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) :
Les auxiliaires de vie scolaire ayant une fonction individuelle (AVS-I) sont chargés du suivi individuel d’un élève handicapé. Ils peuvent être amenés à effectuer plusieurs types d’activités :
des interventions dans la classe : aide aux déplacements et à l’installation matérielle dans la classe, aide à la manipulation du matériel scolaire, aide au cours de certains enseignements, facilitation et stimulation de la communication entre le jeune handicapé et son entourage, aide au développement de son autonomie ;
des participations aux sorties de classes occasionnelles ou régulières ;
l’accomplissement de gestes techniques ne requérant pas une qualification médicale ou para médicale particulière, aide aux gestes d’hygiène ;
Ainsi définies, ces missions ne peuvent conduire les AVS-I à se substituer à des personnels enseignants, ou à d’autres professionnels du soin, de l’éducation ou de la rééducation.
La présence de l’AVS-I auprès de l’enfant s’échelonne sur des durées plus ou moins longues, variant en fonction des besoins et des difficultés rencontrées. L’admission et la scolarisation d’un élève en situation de handicap ne dépend pas systématiquement de la présence d’un AVS. Celui-ci n’a d’utilité que lorsque la restriction d’autonomie de l’élève constitue un obstacle à sa participation à tout ou partie des activités d’apprentissage au sein de la classe ou à des activités organisées sur le temps péri-scolaire (études, cantine, sorties). C’est la raison pour laquelle peu nombreux sont les élèves ayant besoin d’un AVS-I de manière permanente et pour toutes les activités scolaires. De même, dans bien des cas, la présence de l’AVS-I est transitoire pour l’aider à prendre des repères dans un univers non familier ou à établir des relations avec ses camarades par exemple.
L’auxiliaire de vie scolaire collectif (AVS-Co) intervient en CLIS. Il offre son soutien à l’équipe pédagogique dans son travail auprès d’un groupe d’élèves handicapés.
- Pour visionner des témoignages d’AVS, cliquez-ici
Aide à l’accueil et à la scolarisation des élèves handicapés (ASEH) :
L’ASEH intervient essentiellement en école maternelle, dans la période de transition qui précède la première évaluation des difficultés rencontrées par les élèves. Il offre un soutien non négligeable à l’équipe éducative jusqu’à la régularisation de la situation des enfants concernés, suite à la décision de la CDAPH.
Le Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) :
Il est composé de professionnels des secteurs médical et paramédical ainsi que par des éducateurs spécialisés. Parfois, il comprend un ou plusieurs enseignants spécialisés. Constituant une équipe mobile, le SESSAD intervient aussi bien en milieu scolaire que dans ses propres locaux.
Le SESSAD effectue avec l’enfant handicapé un travail d’éducation ou de rééducation. Les séances de travail, dont la fréquence aura été préalablement définie par le PPS visent à renforcer les capacités de l’enfant sur les plans cognitif, psychologique, psychomoteur et relationnel.
Par ailleurs, le SESSAD est conseil auprès des enseignants et des parents pour déterminer l’orientation la plus adaptée à l’élève handicapé.
Particulièrement large, le champ d’action du SESSAD s’étend à la crèche, la halte garderie, l’école, voire au domicile des parents. Son avantage principal réside dans sa grande souplesse de fonctionnement.
Le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficultés (RASED) :
Un RASED regroupe des enseignants et, au moins, un psychologue travaillant en milieu scolaire ordinaire. Il s’occupe de tous les élèves rencontrant des difficultés en classe. Dans certains cas, il peut fournir une aide d’appoint à un élève porteur d’un handicap mental.
Les centres de protection maternelle et infantile (PMI) :
Ils jouent un rôle important d’information, de prévention, de détection et de surveillance. Leurs équipes pluridisciplinaires sont particulièrement attentives aux enfants porteurs de handicaps.
Les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) :
Rassemblant des professionnels appartenant à divers domaines, ces centres viennent en renfort des PMI. Ils effectuent des tâches de dépistage, propose des soins ambulatoires et rééducatifs pour les enfants âgés de 0 à 6 ans.
Les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) :
Ils établissent des diagnostics et proposent des traitements aux enfants handicapés mentaux et psychiques, comme aux enfants souffrant de troubles du comportement, jusqu’à l’âge de 18 ans.
Les professionnels des secteurs médical et paramédical travaillant en libéral :
Orthophonistes, psychologues, psychomotriciens, éducateurs spécialisés, etc. Ils offrent divers types de rééducation et de soutien (scolaire, médical et psychologique).
Les centres, services et professions décrits ci-dessus constituent des aides et des ressources à la fois précieuses et indispensables pour les enseignants. Les progrès accomplis par les enfants porteurs d’un handicap mental dépendent en grande partie de la complémentarité des actions, des soins et des soutiens qui leur sont proposés. C’est pourquoi il s’avère extrêmement important d’éviter toute concurrence entre les différents acteurs de la vie scolaire et extra-scolaire.
Les conseillers pédagogiques peuvent vous accompagner dans vos pratiques quotidiennes et répondent à toute demande d’aide et de conseil en matière de scolarisation des enfants handicapés.
Si l’équipe éducative de l’école estime qu’il est important qu’un projet personnalisé de scolarisation soit élaboré pour un élève, le directeur de l’école en informe les parents pour qu’ils en fassent la demande. Il leur propose de s’informer sur les aides qui peuvent être apportées dans le cadre de ce projet auprès de l’enseignant référent affecté sur le secteur dont dépend l’école. Pour cela, il leur communique les coordonnées de l’enseignant référent et les informe du rôle qu’il est appelé à jouer.
Si les parents ne donnent pas suite dans un délai de 4 mois, l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale, informe la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la situation de l’élève. La MDPH prend ensuite toutes mesures utiles pour engager un dialogue avec l’élève, ou ses parents ou son représentant légal.
Dans l’attente des décisions de la commission des droits et de l’autonomie, la scolarité de l’enfant s’organise selon le droit commun sur les mêmes bases que pour tout autre enfant, y compris si besoin est, en tenant compte des aménagements rendus nécessaires pour raisons médicales.
Dans tous les cas il est conseillé aux enseignants qui s’interrogent sur les démarches à effectuer de s’adresser :
à la MDPH
au psychologue de l’école
au médecin de santé scolaire
à l’enseignant référent de secteur
aux associations de parents. Ces dernières peuvent être de bons appuis pour informer les enseignants et accompagner les parents découvrant l’éventuel handicap de leur enfant.