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Comprendre le handicap mental

Quelques chiffres

Aujourd’hui, la France compte 3,5 millions de personnes handicapées. Parmi elles, 2 millions sont porteuses d’un handicap sévère. 650000 à 700000 d’entre elles se trouvent en situation de handicap mental, ce qui représente environ 20% des personnes handicapées. Chaque année, entre 6000 et 8500 enfants naissent avec un handicap mental.

Qu’est-ce qu’un handicap mental ?

Tout d’abord, il faut souligner l’ambiguïté du mot « handicap ». Ce terme désigne aussi bien les difficultés de nature physique, physiologique, sensorielle et/ou psychique limitant les capacités d’une personne que les problèmes et les obstacles qu’elle rencontre dans sa vie quotidienne du fait de la spécificité de ses caractéristiques constitutives.

L’expression « handicap mental » est actuellement considérée comme la plus appropriée pour qualifier tant une déficience intellectuelle (approche scientifique) que les conséquences entraînées par cette déficience (approche sociale).

Une personne handicapée mentale est une personne à part entière

Insistant sur les devoirs de respect et d’accompagnement de la société à l’égard de la personne handicapée mentale, l’Unapei propose la définition suivante :

« Une personne handicapée mentale est une personne à part entière. Elle est ordinaire parce qu’elle connaît les besoins de tous, dispose des droits de tous, et accomplit les devoirs de tous. Elle est singulière parce qu’elle est confrontée à plus de difficultés que les autres citoyens. »

N’oublions pas qu’un individu en situation de handicap mental est avant tout une personne humaine ; celle-ci a besoin d’être davantage aidée et mieux accompagnée que les autres.

Quelles sont les origines de ces handicaps ?

Un handicap mental peut survenir lors de la conception de l’enfant, pendant la phase de grossesse, à la naissance de l’enfant mais aussi au cours de la vie de n’importe quel individu. Contrairement aux idées reçues, si le handicap mental est parfois héréditaire, ses origines peuvent être diverses. Un handicap mental peut se déclarer :

-  À la conception : maladies génétiques, aberrations chromosomiques, incompatibilité sanguine...
-  Durant la grossesse : radiation ionisante, virus, médicaments, parasites, alcool, tabac...
-  À la naissance : souffrance cérébrale du nouveau-né, prématurité...
-  Après la naissance : maladies infectieuses, virales ou métaboliques, intoxications, traumatismes crâniens, noyades, asphyxies...

Si l’origine de 30% d’entre eux est inconnue, un grand nombre de handicaps mentaux ont une cause génétique. On distingue les anomalies chromosomiques (ex. : la trisomie 21), dont la récurrence au sein d’une même famille reste faible, des maladies génétiques (ex. : le X fragile), considérées comme héréditaires. En dehors de causes génétiques, un handicap mental peut résulter d’une malformation cérébrale ou d’un dysfonctionnement du métabolisme.

Un handicap mental peut également être la conséquence d’un accident. Ce dernier se produit parfois pendant la grossesse. Dans d’autres cas, l’accident survient au cours de la naissance ou après celle-ci. Certaines maladies contagieuses touchant le nourrisson peuvent également causer de graves séquelles.

« Handicap mental » et « handicap psychique » : quelle différence ?

Le handicap mental est la conséquence d’une déficience intellectuelle. La personne en situation de handicap mental éprouve des difficultés plus ou moins importantes de réflexion, de conceptualisation, de communication et de décision qui doivent être compensées par un accompagnement humain, adapté à son état et à sa situation.

Le handicap psychique est, quant à lui, la conséquence d’une maladie mentale. La personne handicapée psychique est marquée par une perturbation de ses facultés mentales susceptible d’être guérie ou réduite au moyen d’une thérapie adaptée.

Quelles peuvent être les conséquences cognitives de ces handicaps ?

Chaque personne handicapée mentale est différente et présente des capacités et des difficultés propres. En fonction des individus, le handicap s’avère plus ou moins important. Selon son importance, la scolarisation est possible ou non, en milieu médico-éducatif ou en milieu scolaire.

Du fait de la limitation de ses ressources intellectuelles, une personne handicapée mentale pourra éventuellement éprouver certaines difficultés pour :

-  connaître son environnement immédiat ou élargi ;
-  se repérer dans l’espace et/ou dans le temps ;
-  fixer son attention ;
-  mémoriser les informations orales et sonores ;
-  apprécier l’importance relative des informations mises à sa disposition ;
-  maîtriser le calcul et le raisonnement logique ;
-  comprendre les modes d’utilisation des appareillages, automates, et autres dispositifs mis à sa disposition ;
-  maîtriser la lecture et/ou l’écriture ;
-  prendre conscience des conventions tacites de la vie en société ;
-  s’exprimer ;
-  s’adapter aux changements imprévus ;

Sur quels domaines d’apprentissages le handicap mental a-t-il des conséquences ?

Le handicap mental, aussi appelé déficience intellectuelle, peut notamment entraîner, selon les enfants, des difficultés :

-  de mémorisation des informations orales et sonores,
-  d’attention et de mobilisation d’énergie,
-  d’appréciation de l’importance relative des informations à disposition,
-  d’évaluation (écoulement du temps, repérage dans l’espace),
-  de communication et de vocabulaire (lecture et écriture des mots et des chiffres).

Les bénéfices d’une scolarisation

Chaque personne handicapée mentale est différente et présente des capacités et des difficultés propres. En fonction des individus, le handicap s’avère plus ou moins important.

Comme pour tout enfant, la scolarisation en milieu ordinaire permettra à l’enfant handicapé de se familiariser avec les règles de la vie collective, d’améliorer ses capacités de communication et de les exercer de façon très spontanée.

Le travail du personnel enseignant joue un rôle clé dans l’autonomisation des enfants handicapés mentaux. Ainsi, les troubles cognitifs initialement présentés par certains d’entre eux peuvent être en grande partie résorbés.

A l’école primaire et au collège, les exercices pédagogiques améliorent notablement les capacités des enfants. Pour l’enseignant, la subtilité consiste à soutenir le désir de l’élève handicapé en évitant le travers du maternage. L’initiation d’activités en binôme constitue une piste de travail intéressante. Cela permet à la fois de valoriser le travail accompli par le jeune handicapé et de responsabiliser l’élève « valide » ayant choisi de l’accompagner dans sa tâche.

Bien que le handicap mental entraîne toujours une déficience intellectuelle, il n’empêche pas les enfants de progresser. Comme pour tout enfant, leurs potentiels peuvent être développés grâce à l’action des enseignants.



Le terme « handicap » provient d’une expression anglaise signifiant « main dans le chapeau » (« hand in cap »), elle se rapporte à la pratique ludique du tirage au sort : après avoir mélangé des noms dans un couvre-chef, un individu en piochait un ou plusieurs au hasard. Ainsi était-on en mesure d’établir une hiérarchie.

Les turfistes s’emparèrent de cette idée ; ils qualifièrent de handicap le retard imposé aux chevaux les meilleurs dans le but de laisser leur chance aux concurrents plus faibles.

Faisant son apparition dans le vocabulaire français en 1827, le mot conserve d’abord le même sens qu’en anglais ; à la fin du XIXe siècle, il s’applique également au domaine des courses cyclistes. Peu à peu, les notions de désavantage et d’infériorité l’emportent sur celle d’entrave ou de contrainte imposée aux plus forts. On adopte alors le terme de « handicap » pour désigner les personnes souffrant de déficiences physique, sensorielle et/ou intellectuelle.


Pour un même handicap, il existe différents degrés d’altération des facultés intellectuelles. Comme chez les personnes dites « normales », les capacités détenues et les compétences pouvant être acquises par les personnes handicapées mentales varient d’un individu à l’autre.

Par ailleurs, un handicap mental peut se combiner à d’autres formes de handicaps. On parle alors de polyhandicap. Le mot polyhandicap désigne une combinaison de déficiences et de troubles divers, créant des perturbations tant sur le plan physique et/ou sensoriel que sur le plan psychique. Etant donné la gravité des symptômes qui s’accentuent souvent avec l’âge, les enfants atteints de polyhandicap sevère fréquentent rarement le milieu scolaire au-delà de la maternelle. Leur éducation se poursuit, dans ce cas, en établissement médico-éducatif.




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